Choquequirao, le « Berceau de l'Or »

La vue est tout bonnement majestueuse ! D'imposantes cimes enneigées et des collines couvertes d'une végétation abondante dominent la vallée à plus de 2 800 mètres d'altitude, sous un ciel intensément bleu parsemé de nuages. C'est le royaume du condor. Dans cette région andine se dresse la légendaire citadelle de Choquequirao. Son nom en traduit toutes les promesses : le « Berceau de l'Or » ! Bingham la visita dès 1909, peu avant la découverte de Machu Picchu. D'une imperturbable beauté, elle a résisté au passage des siècles, au milieu des rochers et d'une végétation sauvage, qui couvre toujours près de 80 pour cent de sa surface.

Choquequirao
Localisation générale de Choquequirao au Pérou

Sur la carte du Pérou, Choquequirao est située au sud-est de Lima, parmi les sommets enneigés d'Abancay et du Machu Picchu, près des eaux tumultueuses du rio Apurimac. Le meilleur moyen de s'y rendre est cependant de partir de Cusco. D'après la légende, cette ville perdue aurait été l'endroit où les derniers Incas, échappés de la capitale inca auraient trouvé refuge et résistèrent pendant quarante ans à l'invasion espagnole. Après la défaite de Manco II à Cusco, les survivants de l'Empire inca seraient partis vers Choquequirao.

On l'identifia longtemps à la fameuse « capitale perdue » des Incas, jusqu'à ce que Bingham ne démontre l'absurdité de cette théorie. Selon les rumeurs, le « Berceau de l'Or » était si vaste qu'il avait pu contenir quinze mille habitants ! On devait y trouver des temples, des palais, des « bains », un grand sanctuaire des idoles et même des prisons. L'existence de cette cité était d'ailleurs connue dès le XVIIIème siècle, mais la première exploration scientifique revint à de Sartiges, en 1834, suivi de Léonce Angrand, Samañez de Ocampo en 1853, puis de Bingham et de l'archéologue Max Uhle.

Choquequirao
Choquequirao, le « Berceau de l'Or », fut visitée par Bingham en 1909.

La véritable histoire de Choquequirao se perd dans les profondeurs des siècles. Elle fut vraisemblablement une forteresse limitrophe qui défendait la vallée supérieure de l'Apurimac, l'une des voies d'accès naturel en direction de Cusco, contre les attaques par surprise de la puissante nation ennemie des Chancas, qui mirent en grave danger la capitale inca à l'époque de Viracocha.

D'origine indéniablement inca, elle fut peut-être bâtie par ce souverain, par son fils, Pachacutec, ou par son petit-fils, Tupac Inca Yupanqui. Elle devait aussi sans doute protéger l'Empire de la barbarie des sauvages Antis d'Amazonie. Bien que d'origine inca, Choquequirao montre de nombreuses différences de style avec Machu Picchu, Pisac ou Ollantaytambo. Son emplacement est néanmoins semblable aux autres cités de l'Empire.

Situé dans le même corridor de cités secrètes que Curamba et Sondor, il est fort probable que Manco II utilisa Choquequirao comme camp de base des expéditions punitives qu'il mena ardemment pendant huit ans contre les Espagnols.

Une expédition d'archéologues et les géologues français fut organisée en 2002 à Choquequirao pour examiner la possibilité de transformer le sanctuaire inca en un grand site touriste (!). Le projet prévoie le tracé d'une route et l'étude de l'écosystème pour l'organisation de futures excursions, avec guides, logements et autres équipements. L'idée serait de faire de Choquequirao un vaste secteur protégé, où toutes les richesses de sa biodiversité pourraient être préservées.

Eliane Karp, l'épouse du Président Toledo, favorisa ce projet, en collaboration avec le gouvernement français. On considère que sa réalisation pourrait générer de nouveaux circuits d'excursions au départ de Cusco. Ils pourraient alors attirer des centaines de milliers de visiteurs à travers le monde. L'étape peut-être incontournable pour protéger efficacement le patrimoine archéologique du Pérou…

Thierry Jamin

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