Il faut sauver Machu Picchu !

Un projet de téléphérique menace de nouveau le sanctuaire sacré et religieux des Incas !

Le 20 février 2004, la Chambre National de Tourisme (CANATUR), a relancé, lors de son dixième Congrès, un projet d’installation d’un téléphérique sur le site historique et sacré de Machu Picchu.

Machu Picchu
« La República »,
samedi 21 février 2004

Ce projet, menaçant directement le site, est vécu comme une provocation par les habitants de Cusco et d’Aguas Calientes, un petit village situé au pied du Machu Picchu et d’où devrait partir le téléphérique. C’est un véritable attentat contre le patrimoine mondial de l’humanité !

David Ugarte Vega Centeno, un anthropologue de l’Université San Antonio Abad (UNSAAC), Directeur Départemental de l’Instituto Nacional de Cultura (INC) de Cusco, fulmine et tente actuellement, par tous les moyens, d’empêcher ce projet suicidaire.

Machu Picchu ne peut, en effet, accueillir quotidiennement qu’à peine plus de 1500 à 2000 visiteurs. Construit sur une terrasse artificielle, le site menace tout simplement de s’effondrer ! Une étude sérieuse, menée en 2001 par une équipe japonaise d’archéologues et de géologues, a mis en évidence l’instabilité du sol et du sous-sol de Machu Picchu, provoquée par les piétinements journaliers des milliers de touristes. Par ailleurs, certains blocs de pierre tendent à se déchausser de leur socle en raison de ces mêmes piétinements. Le projet de téléphérique prévoie de doubler le nombre quotidien de touristes dans cet ancien sanctuaire, ainsi que la construction d’un grand parc à thème, à quelques centaines de mètres de là ! Un Disneyland au pays des Incas !

Le docteur Jorge Flores Ochoa, un autre anthropologue de Cusco, s'était déjà prononcé peu de temps avant, sur les intentions et la responsabilité du maire Oscar Valence, lequel aurait encouragé ce projet, dans l’intérêt principal des chefs d’entreprise de la région, lesquels auraient participé directement à la construction du téléphérique. Celui-ci invoquait une meilleure facilité d’accès au site et un plus grand confort pour les touristes étrangers. Quant à la protection du milieu naturel et à la beauté des lieux, il n’en faisait guère état.

Cependant, les autorités du district de Machu Picchu, refusent que l’on implante ainsi quelque élément mécanique que ce soit et protestent contre une telle tentative. Ils ont organisé une pétition contre la Chambre Nationale de Tourisme dans le but de freiner ce projet avant qu’il ne se concrétise et qu’il n’obtienne l’aval des autorités gouvernementales et des nombreuses entreprises privées, qui auraient, elles, intérêt à l’implantation d’un équipement sur le complexe archéologique de Machu Picchu.

Machu Picchu
« El Comercio »,
samedi 21 février 2004

Des voix se lèvent pour empêcher un tel désastre culturel et écologique ! Nous devons les relayer en Europe et rappeler l’intangibilité de la cité du Vieux Pic.

Encouragée par le Directeur départemental de l’INC, l’Université de Cusco se mobilise actuellement pour protéger l’ancienne cité inca. Les étudiants ont organisé, au mois de mars dernier, une grande « Marche du Sacrifice », entre Cusco et Machu Picchu, pour dire « NON » au téléphérique.

Infatigable, David Ugarte Vega Centeno, se bat toujours pour faire échouer ce projet fou. A la question –provocatrice- d’un journaliste pour savoir si sa situation n’était pas incommode pour lui, en s’opposant ainsi à la volonté de la Chambre National du Tourisme et à celle de certaines personnalités politiques de Lima, le Directeur de l’INC a répondu, visiblement indigné, dans la presse locale (Cf. : « El Comercio », samedi 21 février 2004), qu’il n’était pas « un fonctionnaire du Gouvernement mais de l’Etat », et qu’il avait « été élu par un Conseil Régional de la Culture ».

« Je suis fonctionnaire de l’Etat non du Gouvernement et j’ai été élu par un Conseil Régional de la Culture. Et comme tel je défends les intérêts de la société pour que l’Etat soit simplement un instrument de préservation des intérêts de cette même société.  « Nous allons nous battre, » poursuit-il, «pour que ces messieurs retirent leur projet insensé car Machu Picchu est un site religieux et l’installation d’un téléphérique serait aussi absurde que de construire un ascenseur sur les tours de la grande cathédrale de Cusco ou au Mur des Lamentations. »

Il faut respecter ce grand site religieux des anciens habitants du Pérou et de leurs descendants. Nous ne pouvons permettre cette violation flagrante du patrimoine culturel, historique et archéologique du Pérou, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité à l’UNESCO.Que les promoteurs aillent voir ailleurs !

Grâce à l’action efficace d’Americo Villegas, un architecte de Cusco vivant à Paris et travaillant avec l’Unesco depuis une vingtaine d’années, la précédente tentative menée au Pérou pour l’installation d’un téléphérique à Machu Picchu avait pu être déjouée « in extremis ». Amoureux de son pays et de son patrimoine, conscient des périls actuels, Americo se bat de nouveau auprès de cet organisme pour interrompre ce projet suicidaire pour la cité perdue.

Machu Picchu
Dans « La República », Thierry Jamin dénonce le scandale du projet de téléphérique.
(« La República », samedi 24 février 2004)
Machu Picchu
Dans « La República », Luis Sardon, un archéologue péruvien, dénonce à son tour le scandale du projet de téléphérique et soutient l'intiative de Thierry Jamin.
(« La República », mardi 28 février 2004)

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