Sur les traces des ruines de Megantoni (2011)

Quelques minutes avant le départ de l’expédition à Megantoni, Thierry Jamin et Hermogenes Figueroa arborent les logos de leurs principaux partenaires industriels.
Quelques minutes avant le départ de l’expédition à Megantoni, Thierry Jamin et Hermogenes Figueroa arborent les logos de leurs principaux partenaires industriels. (Photo : Thierry Jamin, juillet 2011)

Après la mise au jour, durant ses campagnes de 2009 et 2010, de trente sites archéologiques nouveaux, Thierry Jamin est persuadé de la présence d'une cité majeure cachée quelque part, au nord-est du département de Cusco, près de la frontière avec le Madre de Dios. Plusieurs témoignages recueillis quelques mois auparavant de la part de paysans quechuas et de Natifs Matsiguengas font en effet état de l'existence d'un site important « peut-être plus grand que Machu Picchu », dans une zone perdue de Megantoni. D'après Jamin, « les probabilités qu'il s'agisse de Païtiti sont immenses ».

Un chemin inca, partiellement empierré, au cœur de la forêt de Megantoni. Identique aux chemins rencontrés à Lacco et Chunchusmayo, jusqu’où conduit-il ?
Un chemin inca, partiellement empierré, au cœur de la forêt de Megantoni. Identique aux chemins rencontrés à Lacco et Chunchusmayo, jusqu’où conduit-il ? (Photo : Thierry Jamin, juillet 2011)

Guidés par Matias, un Matsiguenga du Sanctuaire National de Megantoni, l'objectif principal de Thierry Jamin et de ses compagnons, durant la campagne « Inkari 2011 », était de partir à la recherche de ces ruines monumentales, situées près des sources des rios Timpía et Ticumpinia. Partie avec un mois de retard, l'expédition de l'équipe Inkari se révèlera particulièrement pénible en raison des difficultés de terrain.

Chargés d'une lourde logistique, destinée à la subsistance du groupe pendant un mois, cheminant dans une jungle humide et fermée, Thierry Jamin et ses compagnons se dirigent d'abord vers la vallée de Cusirini ou Teperachi, située au cœur du sanctuaire de Megantoni, berceau des Matsiguengas. Là, ils découvrent plusieurs tronçons du chemin inca dont ils avaient déjà reconnu une partie en parcourant les vallées de Lacco et de Chunchusmayo. C'était pour eux un bon indice. Ce chemin, partiellement empierré, se dirigeait nord-sud et allait droit vers leur zone de recherche, baptisée « Zone Blanche », en raison de la présence permanente d'une curieuse couche de nuages. Dans la même région, ils découvrent de très nombreuses terrasses de culture et des murs de contention, comme à Mameria. Cette immense zone agricole était cultivée à l'époque inca et devait forcément être liée à un centre de population important… peut-être celui de leurs recherches.

 

L’un de nos compagnons de la région de Túpac Amaru, devant un mur de contention, découvert dans la vallée de Cusirini, au cœur du Sanctuaire de Megantoni.
L’un de nos compagnons de la région de Túpac Amaru, devant un mur de contention, découvert dans la vallée de Cusirini, au cœur du Sanctuaire de Megantoni. (Photo : Thierry Jamin, juillet 2011)

Après deux semaines de marches difficiles, parvenue sur les rives du rio Cusirini, l'équipe épuisée n'ira pas plus loin. Plusieurs porteurs décident mêmes d'abandonner nos explorateurs. La plupart des compagnons de Thierry Jamin, même Hermo, son bras droit, refusent de continuer. Des problèmes humains apparaissent. L'ambiance se dégrade. Danilo Christidis, le cameraman de l'équipe, tombe malade et il faut le rapatrier vers Cusco avec Dominique Lizé, représentant de la société française SeD Logistique, l'un des partenaires de cette campagne 2011. En réalité, Thierry ne peut plus compter que sur son compagnon Justo Figueroa et sur quelques porteurs de la communauté native de Timpía. Mais c'est insuffisant pour atteindre les fameuses ruines de Matias.

 

Quelques-uns des porteurs, lourdement chargés. Au centre, le sourire permanent du jeune Dante, la mascotte de l’expédition « Inkari 2011 ». Du haut de ses 16 ans, un gamin fort comme un homme !
Quelques-uns des porteurs, lourdement chargés. Au centre, le sourire permanent du jeune Dante, la mascotte de l’expédition « Inkari 2011 ». Du haut de ses 16 ans, un gamin fort comme un homme ! (Photo : Thierry Jamin, juillet 2011)

À contre cœur, Thierry décide de rentrer sur Cusco. En chemin, son équipe et lui découvrent un volcan en activité ( !), et trois sites complets, comparables à ceux qu'ils avaient mis à jour en 2009 et 2010. Situés dans une vallée du nord de Lacco, ils semblent conduire tout droit vers la zone où se trouvent les ruines signalées par le Matsiguenga.

Malgré sa grande déception et son sentiment de frustration, Thierry reste persuadé plus que jamais, que la réponse à l'énigme de Païtiti se cache quelque part dans les derniers replis andins du Sanctuaire Megantoni. Les éléments accumulés au cours de cette expédition confirment, semble-t-il, la présence d'un site majeur non loin de là.

 

Sur le chemin du retour, notre équipe a la surprise de découvrir, en pleine jungle, un volcan en activité !
Sur le chemin du retour, notre équipe a la surprise de découvrir, en pleine jungle, un volcan en activité ! (Photo : Thierry Jamin, août 2011)

Quelques mois plus tard, l'équipe d'Inkari repart sur les traces d'un site localisé à l'entrée de la vallée de Lacco. Depuis plus d'un an, des habitants du district de Lares, évoquaient l'existence d'une citadelle, à quelques kilomètres de distance du complexe archéologique de Hualla Mocco. Thierry Jamin voulait en avoir le cœur net. Accompagné d'une partie de l'équipe Inkari et d'un superviseur du Ministère de la Culture, il repart en octobre 2011 sur les traces de cette petite cité perdue. Sous la conduite de deux locaux, l'explorateur parvient finalement au site d'Umapata, situé à 2.870 mètres d'altitude. Il s'agit d'une véritable petite citadelle inca peuplée d'une centaine d'édifices, de petites rues, de terrasses de culture et de temples magnifiques.

Cette mise à jour inattendue vient compléter les recherches de Thierry Jamin et du groupe Inkari réalisées ces deux dernières années dans la vallée de Lacco. Le nom d'Umapata vient du langage quechua et signifie « l'entrée dans la montagne ». Il s'agit en effet de la première citadelle inca construite à l'entrée de la vallée de Lacco. Cette découverte permet à Thierry Jamin et à ses compagnons de conclure brillamment cette difficile campagne « Inkari 2011 »

 

Détail d’un temple dans la citadelle inca d’Umapata.
Détail d’un temple dans la citadelle inca d’Umapata. (Photo : Thierry Jamin, octobre 2011)

L'introuvable cité de Païtiti reste encore cachée des explorateurs et de la science moderne. Mais pour combien de temps encore ? L'heure approche où cet ultime bastion de la civilisation inca, reviendra triomphalement au devant de l'Histoire. C'est la promesse de la légende d'Inkari…

 

De gauche à droite : Daniel Merino, Thierry Jamin, Justo Figueroa et leur guide local, posent devant une portada de la citadelle d’Umapata.
De gauche à droite : Daniel Merino, Thierry Jamin, Justo Figueroa et leur guide local, posent devant une portada de la citadelle d’Umapata. (Photo : Thierry Jamin, octobre 2011)

Pour plus de détails sur les dernières expéditions de Thierry Jamin et les découvertes de son équipe : voir son prochain livre, à paraître bientôt au Cherche Midi Éditeur...

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