Sur les traces de Vilcabamba

Vilcabamba
Localisation de Vilcabamba au Pérou

L’histoire de la grande révolte des Incas, qui commença au lendemain de l’assassinat d’Atahuallpa, relança le mythe d’un Eldorado introuvable, tapis dans l’ombre d’une vallée sacrée. Plusieurs expéditions seront mises sur pied au XIXème siècle, tant pour retrouver le trésor perdu des Incas que la cité perdue de Vilcabamba la Vieja, capitale secrète des derniers Incas, que beaucoup confondirent, à tort, avec Païtiti. Sa localisation exacte n’a jamais été réellement consignée.

 

Vilcabmaba
Vilcabamba la Vieja fut-elle la capitale des Incas en fuite ? Le doute subsiste...

En 1911, la plupart des experts s’accordent à identifier Choquequirao, le « Berceau de l’Or », situé au nord-ouest de Cusco, comme le site véritable de Vilcabamba. A en croire les traditions locales, c’est là qu’auraient vécu, après la conquête, Manco Inca et ses successeurs. Mais le 24 juillet de cette même année, l’archéologue Hiram Bingham, professeur à l’université de Yale et sénateur du Connecticut, découvre l’incroyable cité de Machu Picchu. Il a entendu parler d’une cité imprenable, bâtie « à cheval » sur une montagne de moyenne altitude, par un Indien local. Bingham espère secrètement y trouver Vilcabamba. Et il s’en convaincra pendant cinquante ans ! Un signe évident est cependant apparu très tôt : Machu Picchu révélait qu’elle n’avait jamais été visitée par les Espagnols. Et, contrairement à Vilcabamba, elle n’a visiblement jamais été incendiée, comme cela se produisit pour la capitale secrète des Incas, en 1572, brûlée, on le sait, par l’armée de Tupac Amaru. Aujourd’hui encore, la localisation de cette capitale perdue reste largement en discussion. Le débat porte sur l’identification de deux sites, considérés tour à tour comme ayant abrité le siège de la rébellion indienne.

Vilcabamba
A l'époque où Fawcett disparaît dans la jungle du Mato Grosso, Machu Picchu sort à peine de l'oubli. Machu Picchu, 1925 (Photo : Martín Chambi)

Le premier site a été mis au jour en 1964 par l’explorateur américain Gene Savoy, fondateur à Lima de l’Andean Explorers Club, consacré à la recherche d’éléments permettant l’étude du peuplement originel du continent sud-américain. Gene Savoy est l’un des rares spécialistes à rêver que l’on pourrait retrouver des restes archéologiques importants au sein des immenses selves amazoniennes à peu près inexplorées, qui s’étendent à l’est des cordillères. Hypothèse encore refusée par la plupart des chercheurs académiques.

 

Vilcabamba
Non loin de Machu Picchu, les ruines de Wiñay Wayna révèlent la richesse archéologique de la région. Wiñay Wayna, 1940 (Photo : Martín Chambi)

Il identifia les ruines d’Espiritu Pampa à Vilcabamba. En 1966, Tony Morrison et Mark Howell visitèrent le site à leur tour et découvrirent les marques évidentes d’un incendie. Plus tard encore, différents indices, de nature essentiellement architecturale, révélèrent des signes d’une influence esthétique espagnole. Des tuiles, de facture typiquement européenne, recouvraient encore les toitures des édifices incendiés. Le plus incroyable est qu’Hiram Bingham visita lui-même ces vestiges, quelques années avant d’effectuer sa célèbre découverte, plus au sud. Il ne comprendra pas, semble-t-il, l’importance du complexe archéologique entrevu, noyé, il est vrai, dans un océan vert.

Vilcabamba
Jusqu'à sa mort en 1956, Hiram Bingham restera convaincu que Machu Picchu était Vilcabamba, le refuge légendaire des derniers Incas. Quant à Machu Picchu, on ne connait toujours pas son vrai nom...

Le second site fut, quant à lui, découvert en 1976 par l’archéologue péruvien Edmundo Guillen. Empruntant les pavés d’un vieux sentier inca, il découvrit les ruines d’une cité anonyme, tapis dans la jungle, à quarante kilomètres au nord de Machu Picchu, près de la vallée de Vilcabamba.

Accompagné d’une équipe de télévision, pour la série de magazines « In Search Of… », il mit au jour une étonnante cité couvrant une superficie d’environ cinq kilomètres carrés.

Les premières fouilles effectuées sur le site révélèrent l’entrée d’une caverne, à l’intérieur de laquelle on exhuma un corps. On évoqua les restes du jeune Inca Titu Cusi. Cependant, lorsqu’on examina de plus près la dépouille, l’expertise montra qu’il s’agissait, en réalité, d’un tailleur de pierre, accompagné de quelques échantillons de son travail, délicatement disposés autour de sa tête. Ainsi, le mystère de Vilcabamba demeure…

Thierry Jamin

Vilcabamba
Au coeur de la jungle, dans la vallée de Pampacoras, Bingham découvrit des ruines incas près d'un endroit appelé aujourd'hui Espiritu Pampa. Se tenant sur un ancien pont inca, l'explorateur pose en tenue de chasse.

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    Comme vous le savez, notre équipe est prête. Nous venons de confirmer, avec la DIRAVPOL-PNP, la location d’un hélicoptère MI-17 de la Police Nationale. Mais il reste l’épineux problème du permis du Ministère de l’Environnement (SERNANP) pour nous permettre d’entrer dans notre zone de recherche pendant une période maximum de 16 jours.

  • Thierry Jamin, bientôt au Cherche Midi Éditeur (Paris)


    Les dernières recherches de Thierry Jamin et de son groupe, sur les traces de la cité perdue de Païtiti, sortiront en France dans le courant de cette année 2017 aux éditions du Cherche Midi...

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